Elevons nos standards

Voila un certain moment que cet article sur les standards fait son chemin dans ma tête, sans que je ne sache comment formuler l’ensemble des idées. Et très récemment, je suis tombé sur… ça:

« 2h30 de retard à SON propre concert »

J’ai adoré la formulation. SON propre concert? Mais pour rapidement résumer la situation, la très célèbre Lauryn Hill, mondialement reconnue, donnait un concert à l’Accor Arena à Paris Bercy. Le show a démarré avec 2h30 de retard, elle se fait huer par le public. Pis, à 23:30, la régie de la salle de spectacle coupe son micro et rallume les lumières, le show est fini avant qu’elle ait même pu chanter le très célèbre « Killing me softly ». Clap de fin. Le coût du retard.

Je rigole

Cette histoire me fait repenser à la période de vacances en Côte d’Ivoire et des différents concerts qui se sont succédés. Dadju alias ooohoohaaa, Naza a.k.a Sac à dos et Héritier Watanabe (lui je le connais moins bien). Tous ces concerts avaient un point commun: un retard chronique. Pour celui de Naza, lisant tous les commentaires des uns et des autres, je twittais les mots suivants:

A la suite de ce tweet censé être drôle, je me suis ensuite retrouvé en pleine discussion surréaliste chargée d’invectives avec les organisateurs du concert qui expliquaient avec des arguments bien à eux que faire attendre 5h avant l’arrivée de la tête d’affiche était un (bon) choix.

Au milieu de tous ces échanges, quand on m’a répondu qu’il était mieux de faire attendre 5h à l’intérieur plutôt que dehors, j’ai répondu en plusieurs versions:

Elevons nos standards

Nous ne sommes pas obligés de passer une journée au Palais de la Culture pour voir un artiste qui jouera une heure. Dans bien des endroits dans le monde, quand le concert est annoncé à une heure, il démarre avec les premières parties à cette heure… l’heure affichée n’est pas celle à laquelle on ouvre les portes. En tant que consommateur, on a le droit d’exiger mieux. De demander que notre temps soit respecté. (Demandons conseil à ceux qui ont attendu Lauryn Hill).

Elevons nos standards.
A force d’être habitués à un niveau de service bas, nous pensons à tort que cela est normal. Et il en est de même pour de nombreux autres services, comme…

la banque

On est si habitués à avoir des services moyens qu’on trouve irréel d’avoir accès à des services “normaux”.
L’autre exemple est celui d’une conversation que j’ai eue avec une personne qui se plaignait de sa banque. En résumé,
– Les guichets de sa banque ont régulièrement des problèmes en fin de mois,
– L’attente est longue dans les agences pour retirer ou déposer de l’argent,
– Leur service à la clientèle est moyen sauf quand on connait personnellement le gestionnaire,
– Le service monétique est moyenâgeux. Les cartes bancaires sont incapables de réaliser un achat sur Internet
– Et les agios qui augmentent sans avis aux clients.

aucun motif de satisfaction…

… Alors je lui suggère d’aller à la Standard Chartered.
Ouverture du compte sans dépôt initial, le tout depuis une application iOS ou Android. Pas d’agios pendant un an, une visa gold en 10 jours, toutes les transactions sont réalisables depuis une application, virements locaux ou internationaux. L’expérience est complètement différente, on n’a plus besoin d’être « soumis » à la bonne humeur du conseiller clientèle ou du caissier. Le comble est qu’on peut effectuer des versements directement au distributeur automatique.

Sa réponse a été:
« Mais est ce que tu connais le montant des agios après la première année? Je vais attendre de savoir d’abord ».

Like, seriously?

Alors, vous aussi, vous préférez souffrir dans une banque à laquelle vous payez des agios pour ne pas avoir le service souhaité et ensuite hésitez à profiter d’un service gratuit pour mieux?

C’est en cela que je répète… Elevons nos standards.
Nous sommes si habitués à être « maltraités » que nous finissons par croire qu’il est normal de:
– passer de distributeur en distributeur chaque fin de mois pour retirer son propre argent.
– payer des frais allant de 1.000F à 16.000F pour imprimer un relevé bancaire pour une demande de visa.
– faire une queue interminable pour faire un versement
– payer des frais supplémentaires (en plus des agios) pour avoir accès à un service en ligne

throwback

Tout ceci m’a ramené 15 ou 16 ans en arrière, quand je commençais en école de commerce. En tant que secrétaire général adjoint de notre association d’étudiants, j’étais en charge de la rédaction de courrier d’invitation pour un évènement. Après avoir imprimé 23 copies du courrier, on se rend compte qu’il y a un double espace dans mon texte. Le secrétaire général dont j’étais l’adjoint a déchiré l’ensemble des courriers. Le double espace, cette erreur n’était pas tolérée. Je devais corriger et tout réimprimer mais cette fois à mes frais. Leçon très bien retenue.

Cela semblait dur à l’époque. Mais je crois que c’est aussi une des leçons les plus importantes que j’ai apprises, celle d’avoir un niveau d’exigence élevé pour moi et les autres, quel qu’en soit le prix.

Alors, élevons nos standards, c’est le seul moyen que nous avons à disposition pour améliorer notre environnement de vie. Si vous avez des exemples à partager sur la question, n’hésitez pas à les glisser en commentaires.

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2 Comments

  1. J’ai appelé une maison d’édition pour demander le prix d’un livre. Je voulais en acheter 20 exemplaires, mais je me suis gardé de le mentionner. On m’a fait savoir que le service commercial était en formation et que je devais appeler le lundi pour avoir juste le prix. On était Jeudi…

    Aujourd’hui j’ai appelé une librairie pour demander la disponibilité d’un livre. On m’a dit de rappeler, quand j’ai rappelé, on m’a dit qu’il y avait quelques-uns dans la librairie en question, et à la question de savoir s’il y en avait d’autres pour atteindre le nombre que je voulais, on m’a demandé de rappeler à nouveau parce que la personne n’a pas pris la peine de vérifier sur tout le réseau. Sachant bien que je lui avais dit le nombre que je voulais hein! Bref!

    En vrai on a l’impression qu’il n’y a tellement pas d’alternatives qu’on se contente de ce qu’on reçoit.

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